jeudi 19 mai 2016

Malick SIDIBE

Malick SIDIBE (1935-2016) nous a quittés le mois dernier.
Il avait ouvert son propre studio à Bamako, en 1962, au moment de l'indépendance de son pays.
Son studio acquiert une grande notoriété auprès de la classe moyenne ("On pouvait venir chez moi avec son mouton"). Parallèlement, il réalise de nombreux reportages sur la jeunesse malienne, constituant ainsi une très intéressante représentation photographique de cette population.
Son travail est reconnu internationalement au milieu des années 90 et il est récompensé par des prix exceptionnels (Lion d'Or à la 52e Biennale d'art contemporain de Venise en 2007).
Il a fait un séjour en Bretagne en 2006. Il a ouvert un atelier dans trois lieux (Plouha, Le Faouët, Pommerit-Le-Vicomte) pour photographier les gens du crû qui se présentaient à lui. 
Les Editions GwinZegal ont publié, en 2008, un album de ces rencontres avec les Bretons (parfois de passage). Nous avons ainsi la galerie d'une communauté diverse et sans doute complexe.
On retient sa manière de "tirer le portrait", distanciée et malgré tout pleine d'empathie pour ses modèles.










mercredi 18 mai 2016

Le studio-photo mobile

Quand c'est compliqué de faire venir les gens jusqu'au studio du photographe, le photographe va jusqu'à eux. Il installe alors son matériel dans un lieu adéquat pour ses prises de vues de portraits.
J'imagine qu'au début du 20e siècle cela s'est pratiqué naturellement, mais sans la volonté de rassembler, de manière plus ou moins exhaustive, un groupe d'individus bien défini.
C'est à partir de 1950 qu'Irving PENN a réalisé un travail exceptionnel dans le but de constituer des séries typologiques d'individus (les métiers) mais il recréait un vrai studio temporaire dans le milieu où il pouvait recruter ses modèles. Il invente la vraie cabine à prises de vues dans les années 60 : il l'installe au plus près des groupes ethniques qui l'intéressent. De là proviennent de superbes collections à travers le monde (Crète, Dahomey, Maroc... )
L'usage du film Polaroid, à développement instantané, permettait de contrôler et apprécier la lumière avant la prise de vues, mais aussi d'offrir immédiatement leur image aux personnes photographiées. Un échange très apprécié.
Ces expériences se sont poursuivies ici et là. Une photographe avait équipé une camionnette pour se rendre dans les villages (j'ai oublié son nom !): un livre conséquent a été publié. Et depuis le début des années 2000, la presse relate de fréquentes mises en oeuvre pour photographier les personnes d'une communauté bien définie. Je trouve cela absolument profitable quel que soit le niveau de réussite de l'oeuvre réalisée. Ce qui caractérise le studio photo mobile et le différencie du reportage, c'est le fond identique pour toutes les photos.
Le film Polaroid ayant disparu, il est possible de perpétuer l'échange par un tirage numérique presque aussi instantané. Il existe en effet de petites imprimantes que l'on peut connecter à un ordinateur portable (le tout sur batteries) et sortir des épreuves sur papier dans la foulée. Si l'on dispose d'une source électrique, c'est encore mieux.
J'avais déjà expérimenté le studio mobile mais je me débrouillerai une prochaine fois pour y adjoindre une imprimante.
Le photographe Xavier Dubois avait installé à La Trinité-sur-mer, dimanche dernier, son studio mobile. Un peu par hasard, j'en ai profité et je vous livre l'image papier qu'il m'a donnée (merci, c'est un scan que j'en ai fait). Expérience intéressante pour moi, même si je n'ai aucune idée de l'optique dans laquelle Xavier Dubois a réalisé ces prises de vues. 
C'est aussi un bon moyen de garder trace sur papier de notre existence : ceux qui me connaissent savent que c'est depuis toujours ce que je défends.



photo Xavier Dubois


mardi 17 mai 2016

Xavier DUBOIS, photographe

Xavier DUBOIS est un jeune photographe indépendant, installé à La Trinité-sur-Mer.
Je l'ai rencontré dans cette ville, lors d'une fête de village, dimanche 16 mai. Il avait installé un studio photo sous le préau d'une école où il tirait le portrait des personnes qui le souhaitaient. Il leur offrait, dans la foulée, un tirage 10 x 15 de leur image.
Ce photographe s'était fait remarquer par la grande fresque qu'il avait réalisée, en 2012, pour la Cité de la Voile Eric Tabarly, à Lorient (pour le passage de la Volvo Race à Lorient). 
Un portrait d'Eric Tabarly sur 156 m² en utilisant 10 414 photos de gens de la région. 


photo Ouest-France
Xavier DUBOIS travaille sur la région.
Il collabore notamment à la revue Ar Men. Il s'occupe aussi de l'exposition estivale Escales Photos qui fait découvrir le pays de Mor Braz (de Port-Navalo à Quiberon) dans les îles (Hoëdic et Belle-Ile) et La Trinité-sur-Mer, Locmariaquer et Plouharnel.
Ci-dessous, une partie de son travail sur les pêcheurs de Mor Braz qui l'ont accueilli sur leur bateau. Ce sont de grands tirages (100 x 150 cm) sur bâche.






Comme toujours, il est intéressant de voir le site du photographe pour avoir un point de vue complet sur son oeuvre : ICI



dimanche 24 avril 2016

Pierre ETAIX, un livre


C'est ça, Pierre Etaix. Voici un livre qui raconte Pierre ETAIX, sous la forme d'un abécédaire non formel.
C'est un recueil de documents : textes, dessins, photographies... qui permettent de comprendre la vie de cet artiste sensible, multiforme dans l'expression et très talentueux dans ses créations graphiques. Un montagne d'humour... et de délicatesse.
Réalisé par sa famille, c'est un ouvrage copieux (plus de 400 pages). Editions Séguier et Arte 2015. 39 €.
S'il n'eut pas la réussite commerciale qu'on aurait pu imaginer et souhaiter, ses films resteront (pour ceux de ma génération) d'une fraîcheur éternelle.
Je n'ai vu qu'une fois Pierre ETAIX au cirque. C'était en 1990, avec Annie Fratellini.





mercredi 20 avril 2016

Cristina de MELO + Gérard FOUREL = un livre de photographies

Commençons par l'éditrice, sans qui ce livre ne serait jamais paru...
Cristina Isabel de MELO (1967) est Portugaise d'origine. Après avoir vécu longtemps en région parisienne, elle vient en résidence d'artiste à Pont-Aven (Finistère sud) où elle s'installe.
Elle est plasticienne (installations, créations graphiques), poète, traductrice (portugais-français) et éditrice.
En 2009, elle crée les Editions Vagamundo pour publier les poètes (éditions bilingues) sous forme de livres d'artistes, "toujours dans une constante réflexion poétique autour de l'image et de l'écriture".
En 2015, elle fonde Melo éditrice, avec en premier projet ce livre de Gérard FOUREL. Le premier d'une collection: "Une vie à l'oeuvre". 
Femme déterminée à mener à bien cette aventure éditoriale. Femme passionnée expliquant ses choix graphiques.
De tout coeur, bonne chance, car il en faudra aussi pour trouver suffisamment d'amateurs clients.




Photos de Cristina de Melo et de Gérard Fourel prises à Nizon (près de Pont-Aven) 
lors de la présentation du livre, le 15 avril 2016.

Je connais Gérard FOUREL (1946) depuis la fin des années 70. Ce n'est pas d'hier. J'ai toujours apprécié sa simplicité et sa proximité dans sa photographie de reportage. Comme l'écrit Laurent Brunet dans l'introduction du livre :"... la bonté de l'humanité photographiée est aussi celle du photographe. Elle est ce qui permet à cette peinture sociale d'être si émouvante".
Il a photographié la vie (celle du travail en particulier, quand il y en avait !) dans le Pays de Fougères (Ille-et-Vilaine) où il vit. Il a publié récemment (2013) un album de photographies "Fougères l'ouvrière " qui est une formidable mémoire de l'activité locale passée. 
Son bonheur de photographe, ce sont ses voyages vers le nord du Portugal, cette région qui s'appelle Tras-os-Montes et la Castille espagnole. Au tout début des années 80. Régions où il est retourné régulièrement. Voir son livre "Negroes, mémoire blanche".

C'est tout ça que veut dire le livre conçu par Cristina Isabel de MELO : "Bretagne-Trás-os-Montes". L'itinéraire d'une vie. Une vie à l'oeuvre.
Comme me disait Gérard, un sourire au coin des lèvres :"Est-ce mon testament ?".
Non. A 70 ans, Gérard est encore en pleine forme et plein d'envies dans la tête...


L'ouvrage de format à l'italienne (18 x 13 cm) contient 160 pages. Belle impression.
Prix 29 €. www.meloeditrice.fr






[...]
Le printemps est arrivé
Que disent les cartes
Qu'il n'y a que l'amour
[...]
Extrait de Ligne de vie (Rouge - Cristina de Melo)




dimanche 17 avril 2016

Nikos ALIAGAS, photographe


L'affiche dit tout : le lieu, les dates, l'auteur... dans l'ordre de la lecture.
Je sais que Nikos ALIAGAS existe mais je ne l'ai jamais regardé sur un écran de télévision.
Je savais aussi qu'il aime la photographie.

Pas de doute, cette affiche m'a interpellé. Une belle réussite graphique (choix de l'image et titre).
Et j'ai cherché à voir d'autres images de ce photographe (bien aidé par sa fortune, ses relations et sa popularité). 




Ses personnages sont forts et l'impact des grands tirages certainement impressionnant.
Bref, j'aime les images que j'ai vues de lui, pour leur humanité et leur proximité.







mardi 29 mars 2016

Journée de l'argentique à Queven, le 24 avril 2016


Si vous êtes dans le Morbihan (ou le Finistère) le 24 avril, voici une rencontre photographique à ne pas rater.
Organisée par le CLIK (Club Labo Image Kewenn) de Quéven, cette journée vous permettra de vous initier ou de regoûter au labo et à la prise de vue grand format.
Francis Courtemanche est là aussi pour vous montrer, cette année encore, son expérience du collodion humide.
Un exposition de photos (argentiques) d'Alain Fretellière sera accrochée.
Le visuel de cette journée a été réalisé à partir d'une photo d'un petit sténopé (papier photo négatif), si j'ai bien compris.

dimanche 27 mars 2016

Denis DAILLEUX, photographe

Denis DAILLEUX (1958), photographe, vit en Egypte depuis 2007.
C'est l'Agence VU qui s'occupe de ses photos.
Il a réalisé sur l'Egypte une multitude de reportages humanistes extrêmement sensibles, qu'ils soient colorés ou noir et blanc. C'est un vrai bonheur de feuilleter ses albums (Impressions d'Egypte, Le Caire, Fis de Roi).
En 2014, il a publié Mères et fils (Editions Le Bec en l'Air, 64 pages, 25 €) qui est un sujet étonnant, d'ailleurs récompensé au World Press Photo 2014.
"Il pose un regard tendre et sans faux-fuyant qui laisse entrevoir les frontières ténues entre protection et domination ou tendresse et soumission qui régissent les rapports mère/fils".
"Une sorte d'amour absolu de ces fils bodybuildés". (Delphine Henry).
On pourra mieux connaître Denis DAILLEUX par son site : ICI.











Ci-dessous, un portrait du photographe Denis DAILLEUX (auteur inconnu), avec un Mamiya C33.





Le BAROQUE de Claire et Philippe ORDIONI

Me sont tombés du ciel de Pâques (merci Roland) les albums photographiques de Claire et Philippe ORDIONI.
Ils viennent tout juste de paraître aux Editions Arnaud Bizalion.
Des petites merveilles qui nous font entrer dans un monde "baroque" justement.
Du coup, je me suis demandé : "Que veut dire le mot baroque aujourd'hui ?
Les lettrés ont tout décortiqué. Et j'ai donc compris ses caractéristiques :
-instabilité et inconstance,
-métamorphoses (magicien de soi-même et d'autrui)
-décors et illusions pour créer l'ambiguïté
-ostentation comme le paon qui fait la roue
-confrontation des contraires.
Claire et Philippe ORDIONI ont bien créé un monde baroque avec leurs personnages "qui nous questionnent sur la marginalité, le genre, la folie, notre rapport à l'étrange et à la différence" comme il est dit dans l'une des préfaces.
C'est un travail photographique commencé en 2010 : des milliers d'images ont déjà été réalisées.
Voir le site de Philippe ORDIONI pour mieux apprécier ses recherches : ICI.









Pour vraiment goûter ces photos, il faudrait les voir en grand format.
En attendant l'occasion, les 3 albums de portraits baroques sont en librairie :
-Icônes baroques,
-Portraits baroques,
-Divas baroques
Arnaud Bizalion Editeur, 18 € l'opus de 62 pages.

samedi 26 mars 2016

YONGZHI CHU, photographe chinois

Pour peu qu'on soit attentif aux publications des photographes chinois actuels, on peut découvrir  une photographie descriptive de qualité qui nous frappe par sa violence intrinsèque (surtout en ce qui concerne la pollution environnementale des cités urbaines, mais pas seulement, comme le montre cette photo ci-dessous).
Je me suis posé la question de la publier sur ce blog souvent consacré au cirque. Pourquoi rajouter encore de l'horreur à la maltraitance animale ? La totalité des circophiles détestent cette violence. Et sans doute aussi la totalité des circassiens d'Europe occidentale aujourd'hui. Mais il y aura toujours ici ou là une brute ou un barbare...
Oui, je me suis posé la question. Finalement, cette image a été tellement publiée que les militants de la cause animale qui agissent contre la présence des animaux dans les cirques et les zoos l'utilisent pour illustrer leurs actions... La meilleure manière de parler de cette image est encore d'y mettre des mots.


Recherche faite, il existe des lois en Chine qui interdisent ou limitent le dressage et l'exploitation des animaux. Mais elles ne sont pas connues dans certaines provinces et encore moins appliquées. Ne leur jetons pas la pierre : n'oublions pas qu'il y a souvent aussi dans notre pays des violences gratuites envers les animaux (voir les faits divers récents).
J'ai lu : Pourquoi ce photographe n'a-t-il rien fait ? Tant de naïveté est déconcertant.
Ce qui est sûr, c'est que l'attitude et le regard de ce macaque rhésus vont rester pour toujours dans ma mémoire.

Cette photographie a obtenu le Prix Nature (image seule) du World Press 2015.

 
 Portrait de YONGZHI CHU

Autre photo de ce photographe intitulée : jeunes gymnastes à l'entraînement.



YOGZHI CHU avait déjà obtenu un 2e Prix World Press sport 2013 pour l'mage suivante.


samedi 5 mars 2016

Warren RICHARDSON, lauréat du World Press Photo 2016

Si vous aimez la photographie en général, vous savez sûrement que Warren RICHARDSON a réalisé un reportage sur les migrants passant la frontière serbo-hongroise. L'une de ses images a reçu le grand prix.
Il l'a intitulée L'espoir d'une nouvelle vie.
Il faut saluer le travail de ces photographes qui oeuvrent dans des conditions difficiles pour qu'on n'oublie jamais qu'à quelques centaines de kilomètres de notre tranquillité les drames sont permanents.
L'excellente revue photo Réponses photo publie dans son numéro 289 daté Avril 2016 une interview de Warren Richardson. Nous y découvrons quelques informations sur les conditions de prises de vues : nuit claire avec pleine lune et vent qui fait bouger les barbelés, 24 mm, 6400 ISO, boîtier Canon 5D, mise au point manuelle... La technologie photographique actuelle permet ce qui était impensable il y a quelques années.

Voici aussi l'occasion de découvrir le travail photographique de Warren Richardson sur son site : ICI. Vous y verrez ses reportages noir et blanc sur
-la crise des réfugiés en Hongrie (notamment des prises de vues en pleine nuit, sans flash, bien sûr)
-l'addiction à la drogue en Norvège
-les armes de guerre au Laos
-les sans-abris...
C'est très fort et très violent dans le contenu.