mardi 19 avril 2011

Sylvain DEMANGE, photographe

A l'approche de l'édition 2011 du Cadets' Circus (fin mai, début juin), l'exposition des photographies de Sylvain DEMANGE revient sur le devant de la scène. Et c'est, bien sûr, l'occasion de s'intéresser à son travail en noir et blanc qui, je le dis tout de suite, est très intéressant par sa démarche et son approche graphique.
Je n'ai jamais vu les spectacles du Cadets' Circus. Je comprends que ce soit une expérience extraordinaire pour les participants qui apprennent au cours des années les arts du cirque jusqu'à créer des vocations. On ne fait pas mieux comme culture populaire. Et depuis 84 ans cette année...
Mais revenons à notre photographe. Vous trouverez, avec ce lien, une interview qui précise sa démarche et sa formation : www.leicastoreparis.org/?p=433.
Quelques photos pour illustrer ces reportages sur les coulisses du Cadets' Circus (mais vous les retrouverez sur son site www.sylvaindemange.com).
 "J'ai eu envie, dit-il, de concentrer mon travail sur les coulisses afin de mettre en lumière tout ce que le spectateur ne peut pas voir lors du spectacle".
Soit... Est-ce que Sylvain se rend bien compte qu'il est surtout sensible à l'espace en plus de cet aspect humaniste très sympathique. Ses photos, qu'il doit construire intuitivement, restituent un environnement et une profondeur qui conduisent le spectateur à l'essentiel : le geste, le regard, l'autre.
C'est évidemment en regardant ses autres reportages qu'on peut affiner sa manière de voir et de présenter le monde qui l'intéresse.
Je passe sur le contenu documentaire que ces photos contiennent. Il faudrait approfondir chaque sujet, et ce n'est pas le lieu. Ce qui est enrichissant pour le spectateur (toujours apprenti photographe quelque part), c'est de se dire :"Si j'avais photographié la même scène, qu'est-ce que j'aurais mis dans le cadre ?" La réponse peut se voir dans les photos qu'on prend par la suite... Merci, Sylvain, de nous faire nous poser la question.

samedi 16 avril 2011

Peter LAVERY, photographe

J'avais déjà parlé du livre de Peter LAVERY (1948), CIRCUS WORK, qui représentait un travail personnel réalisé entre 1970 et 1996 autour des cirques anglais.
La particularité de ce livre noir et blanc, c'est que les photographies ont été réalisées à la chambre. Prises de vues bien spécifiques qui nécessitent du temps et de la connivence.
Avec Jimmy Buchanon

CIRCUS WORK a été publié en 1997. J'ai sélectionné quelques images d'artistes dont le nom est très connu. J'y trouve énormément de présence et de charme.

 Sharon Micheletti - 1973

 Elaine Courtney - 1996

 Maria Garcia - 1996

 Les soeurs Giovanni (Gina et Linda) - 1982

Aura et Werner Guerrero - 1986

Peter LAVERY est un photographe qui travaille pour la publicité à Londres. En 1987, il a commencé une série de portraits tout à fait remarquables sur diverses populations (Brésil, Australie, Nouvelle Guinée, Kenya...), avec la qualité technique que l'on peut attendre du grand format. Ce travail a été publié en 2000 dans un livre intitulé OF HUMANKIND. C'est aussi du noir et blanc où les sujets sont en attente du déclic dans une sorte de studio extérieur improvisé (à la manière d'Irwing Penn).


Une visite de son site www.peterlavery.com vous permettra de voir toutes les photos de ses deux livres et de les commander directement chez lui (rubrique "books")

jeudi 14 avril 2011

MALEONN, photographe

MALEONN est un photographe chinois de Shanghaï, dont le véritable nom est MA LIANG (1972).
Il participe à la tendance contemporaine de la photographie mise en scène, celle des photographes qui vendent en galerie. Ses photographies sont en général tirées à 6 exemplaires et mesurent plus du mètre carré (la série ci-dessous fait 0,90 x 1,35 m).
Dans toutes les séries qu'il a réalisées, j'ai relevé celle qu'il nomme "My circus".




J'imagine que vous êtes un peu surpris !
Généralement, ses personnages sont maquillés et déguisés, ils ont la gestuelle grandiloquente des opéras chinois. La prise de vues est minutieusement préparée comme sur un plateau de cinéma, avec des accessoires et des vêtements choisis.
Un critique a écrit :"Le magicien Maleonn apporte une touche d'irréalité à un quotidien triste et terne. L'imagination est une évasion, le souvenir ou la mélancolie d'une innocence perdue".

lundi 11 avril 2011

Andréas LANG, photographe

En allant sur le site d'Andréas LANG(1965), http://www.lang-photo.com, je m'attendais à découvrir le travail d'un photographe humaniste. C'est un tout autre monde qu'il nous  présente : des paysages, souvent sombres, énigmatiques, fantomatiques, crépusculaires... Tout autre chose que l'excellent reportage réalisé entre 1995-1998 auprès d'Alexandre Bouglione, reportage qui a illustré le livre "Un peuple de promeneurs" (Editions Le Temps qu'il fait - 1998).
Il est à supposer qu'en dehors des bourses et des prix qu'il a obtenus pour travailler, Andréas LANG met en avant ses photographies de paysages qui trouvent plus facilement une clientèle dans les galeries spécialisées (ses oeuvres sont tirées à quelques exemplaires). De la même manière, son reportage sur le Cirque Romanès, tiré au format 30 x 40 en 25 exemplaires semble toujours disponible.








 Cette série est magnifique. Elle restitue tout à fait l'ambiance que l'on trouvait autour de Romanès (fin des années 90). Le beau noir et blanc, c'est quand même quelque chose !
Maintenant... le cirque n'est pas seulement un dépaysement gitan ! Il y a aussi la beauté de l'effort, l'odeur de la sciure et la grande communion avec les grands clowns.
J'aime bien cette phrase du livre :
"On devrait avoir deux vies, une pour apprendre, l'autre pour vivre".

Melanie CLEARY, photographe

En vérité, si ce n'est avoir parcouru ses galeries sur son site http://www.melaniephoto.com, je ne sais pratiquement rien de cette photographe dont le travail est parfois thématique. C'est justement ce sujet des "bodybuilders" qui m'a interpellé. J'avais découvert cette série de portraits dans la superbe revue EYEMAZING (01-2010). Consacrer autant de temps à développer ses muscles (parfois, sans doute, avec des hormones prohibées) n'est pas du genre de la maison, mais il faut bien dire que le regard que nous pouvons porter sur des corps sculptés peut nous laisser rêveur (dans le bon sens du terme).
Quoi qu'il en soit, le cirque - puisque c'est notre passion commune - mais aussi le sport nous donne l'occasion d'admirer ces corps bien faits : ils font partie du spectacle, surtout quand les artistes les mettent en avant et en valeur. Chacun aura en souvenir des images bien à lui de ces moments.
C'est aussi cette beauté des corps qui m'a charmé dans les statues vivantes du Duo La Vision (voir article précédent).
Alors, ces corps photographiés par Melanie CLEARY sont-ils beaux ? Le choix de cette prise de vues a un petit côté cirque, non ?
Il est bien sûr intéressant de découvrir les autres prises de vues sur son site.

dimanche 10 avril 2011

La PERFORMANCE photographique

Comment appeler ces photographes qui se mettent en scène dans leurs images ? 
Pour eux, chaque photo est une véritable performance : l'image a été pensée, voire dessinée sous forme de croquis... Il a été ensuite nécessaire de préparer tous les accessoires, de créer même des structures permettant l'illusion. Oui, cette photo est un état d'esprit totalement nouveau où l'artiste a besoin d'une équipe (ne serait-ce que pour être photographié) qui lui permet de mettre en oeuvre son rêve, son discours ou son combat.

Car c'est peut-être un combat que mène le Chinois LIU BOLIN dans sa série "Hide in the city" où les titres des photos sont explicites ("L'électorat est conforme à la loi", "Unifier la pensée pour promouvoir l'éducation"). On lira avec intérêt le dernier numéro de IMAGES (n°45 - 5€) qui le présente succintement. LIU BOLIN y dit :"C'est l'environnement qui absorbe l'individu, le dissout pour l'annihiler. L'homme devient fantôme, il n'a plus d'identité ni d'individualité..."
LIU BOLIN a réalisé une performance à Paris le 1er avril. Nous avons pu voir un entrefilet ou un article dans les journaux. Un livre regroupe les photos de ses performances (Hiding in the City, 180 pages, 50 €) avec cette dermière image en couverture.

Au sujet de Philippe RAMETTE (1961), on peut dire que ses performances sont davantage proches du rêve cauchemardesque que de la sérénité (en tout cas, pour moi). Dans le même numéro 45 d'IMAGES, une interview de l'artiste nous permet de comprendre sa démarche et la réalisation de ses photos. "C'est un défi entre mon imaginaire, dégagé de toute contrainte rationnelle et comment faire pour parvenir à un résultat dit irrationnel". Aucune retouche aux images. Je suis impressionné. Maintenant, qu'on parle de situations burlesques (c'est vrai qu'on peut penser à certaines scènes de films de Buster Keaton), d'humour distancié... chacun peut mettre les mots qu'il ressent. Dans certaines photos, la tranquillité du personnage... me terrifie.
C'est bien sûr le rôle de l'art d'apporter des émotions fortes.



Quand on pense que cette photo est réalisée en apnée, avec des vêtements lestés... Je suis admiratif.

Un livre est paru : Philippe Ramette, inventaire irrationnel, éditions Courtes et Longues, 276 pages, 39 €.
On trouvera d'autres photos sur le site de la galerie Xippas qui gère le travail de ce photographe :
http://www.xippas.com/fr/artiste/philippe_ramette

vendredi 8 avril 2011

Le DUO LA VISION, un livret d'images

Je vous propose le superbe numéro du DUO LA VISION dans un livret de 24 pages. Une cinquantaine d'exemplaires sont disponibles pour les amateurs. Les photos ont été prises lors du Festival de Bayeux.
Christian HAMEL nous y présente les artistes et apporte quelques informations bien utiles.

24 pages, format 22 x 22 cm, 23 photos couleur
14,50 € port compris à
L'AVENTURE CARTO, 13 rue du château de la garenne, 56410 ETEL, France

mardi 5 avril 2011

Stanley KUBRICK, photographe

L'immense Stanley KUBRICK (1928-1999) nous aura laissé peu de films mais ceux-ci nous auront tous profondément marqués.
Juste pour mémoire :
-1957, Les sentiers de la gloire
-1960, Spartacus
-1962, Lolita
-1964, Docteur Folamour
-1968, 2001, Odyssée de l'espace
-1971, Orange mécanique
-1975, Barry Lyndon
-1980, The Shinning
-1987, Full Metal Jacket
-1999, Eyes Wide Shut
Une grande exposition de ses photographies circule actuellement après avoir été présentée à Venise en 2010. Sa particularité, c'est qu'elle n'est composée que de photos prises entre 1945 et 1950, période pendant laquelle Stanley KUBRICK fut un très jeune photographe du magazine américain Look. Là, il apprit la composition de l'image, les éclairages et le mouvement. Il réalisa surtout des reportages complets, sortes de romans photographiques ou photos-récits, les prémices d'un travail cinématographique.
Il a 21 ans quand il réalise son premier court métrage.
Pour ses reportages, il fait incursion dans les coulisses du jazz, il observe les passagers du métro et les visiteurs de musées. Il suit un petit cireur de chaussures.
Il "filme", en photos la vie quotidienne d'une danseuse de revue (étonnante image où on le voit simplement en action).


Il réalise aussi un reportage sur ce qu'il nomme "le plus grand spectacle du monde" : un cirque familial en mars 1948. On retrouve sur le net ces 3 photos seulement.


Enormément de modernité dans la prise de vue. Profondeur de champ ou différents plans bien marqués. Extraordinaire personnage en contre-plongée : un type bien dans sa peau malgré/ou grâce à l'insolence de ses tatouages et de ses percings. Trois photos très fortes.
Un catalogue a été publié l'an dernier en Italie. A trouver d'urgence pour connaître et apprendre.

dimanche 3 avril 2011

La SIGNATURE des photos publiées

Je dois dire que ça m'énerve ! Régulièrement, des images dont je suis l'auteur sont publiées sans aucune mention d'origine. Et j'imagine que je ne suis pas le seul.
En ce qui me concerne, c'est bien clair, ce n'est pas une question d'argent : je l'ai déjà dit et écrit, on peut publier toutes mes photos gratuitement... lorsqu'il s'agit de cirque.
Ce message concerne TOUS les photographes qui doivent réagir dès qu'ils voient leurs photos publiées sans signature. C'est le moins qu'on puisse obtenir.
 Quelques exemples depuis quinze jours :
-Voici une capture d'écran
Qu'est-ce que cette histoire ? Prendre une photo d'il y a près de vingt ans pour illustrer une situation d'aujourd'hui ? Pas de signature.

-Extrait du journal La Manche Libre (et j'imagine que les autres journaux de Normandie ont fait de même)...
Il y a bien sûr des raisons. 
La principale est la négligence.

Il faut que chaque organisateur de manifestation, chaque responsable de la création du programme-papier ait à l'esprit que toutes les photos ont un auteur et qu'il n'y a aucune raison de lui "sucrer" sa signature. Au besoin faire quelques recherches car le DR ("droits réservés" est une pratique considérée aujourd'hui comme illégale).

Négligence aussi de la part de l'artiste qui tire des copies des photos qu'on lui a données le plus souvent et qui les remet sans prendre la peine de mentionner l'origine sur celles-ci.

Et tant qu'à faire, ne pas regrouper les signatures dans un crédit photo, en tout petit, en bas de page, pour se dédouaner. 
Merci de faire un effort.

Voici un journal qui joue le jeu (sauf en pages locales, ce qui est critiquable) :
Vous remarquerez que chaque portrait, de la taille d'une photo d'identité, est signé. Imiter ce procédé est un bon choix.
Je n'aime pas la signature dans l'image. C'est mon goût. 
Dans les magazines, la photo et le texte forment souvent un tout. C'est une option à laquelle nous nous sommes habitués.

Une remarque complémentaire pour ceux qui montent des expositions où se trouvent des photos. Je leur rappelle que l'exposition des photos n'est pas autorisée sans l'accord des auteurs de ces photos (!)
En ce qui me concerne, cet accord vous est acquis d'emblée, sous réserve que les photos soient signées dans l'exposition.


Pub PENTAX

Le lion blanc a la cote.
Voici la superbe pub PENTAX pour ceux qui ne l'auraient pas encore vue !