jeudi 12 mai 2011

Bruce DAVIDSON, expo CIRCUS

L'ami Christophe Roullin me signale l'exposition CIRCUS de Bruce DAVIDSON (1933) que l'on peut voir actuellement à Paris VIe, à la Galerie Magnum, 13 rue de l'Abbaye (du mardi au samedi de 11 à 19 h.) jusqu'au 18 juin.
Voilà l'occasion de revenir sur le livre publié par Steidl dont j'avais parlé dans le précédent blog.
Ce livre contient 3 reportages de cirque. Le premier est le plus célèbre sur le Beatty-Cole-Hamid Circus (1958), en raison du reportage en profondeur sur le nain Jimmy Armstrong (Little Man).
Mais ce premier reportage contient aussi des images d'ambiance tout à fait passionnantes par leur composition ou leurs lumières crépusculaires.

Le deuxième reportage a été réalisé chez Ringling Brothers and Barnum and Bailey Circus en 1965. Là, les éléphants sont rois.
Le troisième reportage se passe en Irlande, en 1967, au James Duffy and Sons Circus.

Très franchement, et pour la photographie et pour le cirque, un livre à voir et revoir. Pour les ambiances. Avec des prises de vues dans des conditions techniques limites. Quelles facilités aujourd'hui, mais plus la même atmosphère !

Bruce DAVIDSON est entré à Magnum en 1959. D'autres reportages étonnants ont fait sa renommée.
Parmi ceux-ci, je citerai (années 60):
-les manifestations pour les droits civiques
-le gang de Brooklyn
-East 100th Street Harlem New-York


Si mes souvenirs sont exacts, ce reportage sur Harlem a été réalisé à la chambre. Il comporte beaucoup de portraits. A la suite de sa parution, DAVIDSON réalisa d'autres reportages sur les ghettos d'autres villes.

dimanche 8 mai 2011

CLOSE-UP d'Eddie NOVARRO

Close-up, gros plan en français.
Non, il ne s'agit pas de magie rapprochée. Eddie NOVARRO (1925-2003) était un photographe d'origine roumaine dont l'oeuvre portraitiste devint mondiale pour avoir immortalisé plus de 600 célébrités artistiques des années 50-80.
Les Editions Cercle d'Art lui ont consacré un grand ouvrage en 2001 où Pierre Restany raconte NOVARRO et analyse son style.
Picasso en 1964
Il est considéré comme "un chasseur de visages, les visages de ceux qui sont les protagonistes de l'art en train de se faire" écrit Pierre Restany. Au-delà de la superficialité des apparences, il y a sans doute une vérité de l'être : au photographe de faire émerger cette réalité.
Un critique espagnol a écrit sur l'une de ses expos :" L'objectif du photographe est un oeil plus attentif, sensible et pénétrant qui présente un fragment de vérité qui emporte notre adhésion parce que nous le percevons comme un peu plus vrai que nature et donc instantanément authentique".
Il faut croire que les artistes se sont reconnus dans ses portraits car ils lui ont ouvert leurs carnets d'adresses.

Ci-dessous, Alberto Magnelli (1965), Alexander Calder (1958), Marc Chagall (1975)


Juan Acha analyse :" Le visage est l'expression maximale du monde intérieur de l'individu. En refusant l'anecdote, on se concentre sur l'expressivité de cette zone sérieuse qui est la marque de paix du coeur chez l'homme lorsqu'il laisse tomber le masque que lui impose la routine existentielle".

Ci-dessous, Henri Michaux (1977), Andy Warhol (1982), Georges Braque (1961), Foujita (1958)



Le gros plan demande au sujet (le modèle) d'être en pleine acceptation de son propre visage, de ce qu'il est devenu quand on a vieilli. Et c'est loin d'être évident. Les hommes à barbe cachent peut-être des traits indésirables. Les visages féminins sont parfois marqués de manière disgracieuse avec l'âge et les soucis hormonaux... Faut-il retoucher ? Et jusqu'à quel niveau ? Ce sont des questions inévitables que se pose le photographe.
 Pierre Restany (1995)

Je vous signale un magnifique livre, en couleur aussi, sans concession sur le physique (sans retouche) qui nous montre que la beauté et l'intelligence vont bien au-delà de la première apparence physique. Uniquement des gros plans de visages et les mains correspondantes.
Ce livre s'appelle FIGURES D'EUROPE de Jean-Michel VOGE, Editions de La Martinière, 1992.

jeudi 5 mai 2011

La revue CIRCUS PHOTO MAGAZINE


Voici les deux derniers numéros de ce magazine trimestriel (n° 29 et 30) réalisés par BECOM (PO Box 80, 2200 AB NOORDWIJK, Pays-Bas).
Leendert BEDIJN qui l'édite est une connaissance de L'Aventure Carto depuis plus de quinze ans. Je profite de l'occasion pour le remercier d'avoir diffusé toutes nos productions auprès d'amateurs que nous aurions eu du mal à trouver.
Aujourd'hui, sa revue est un 21 x 30 cm de 44 pages qui présente à chaque fois une bonne douzaine de cirques par des photographies de matériel roulant, d'installations, de chapiteaux et d'affichages.
Les textes sont très succincts, en anglais. C'est la documentation photographique importante qui compte (plus de 160 photos dans le numéro 30).
Il est un fait que, présentés ainsi, les amateurs disposent d'une matière conséquente pour apprécier les équipements de cirques lointains ou peu connus, et c'est ce qui fait l'intérêt de cette revue car, concernant les photos de spectacles, ce n'est pas très bon (sauf quand Christophe Roullin collabore à un article).
Vous vous doutez bien que le matériel n'est pas ce que je recherche au cirque. Les passionnés de chapiteaux et de camions sont cependant nombreux et sûrement ravis par cette documentation.
Pour des informations complémentaires, on écrira en anglais à Leendert :
L.bedijn@kpnplanet.nl

CIRCO, un petit livre de Gerardo REYES

C'est un petit ouvrage de 48 pages (format 16 x 17 cm) qui souhaite présenter les différentes disciplines du cirque à partir de photos noir et blanc, entre l'initiation et l'évocation.
 Les photos de Gerardo REYES sont de bonne facture et bien imprimées. Elles ont été prises entre 2005 et 2010, au Mexique essentiellement (REYES est Mexicain). Il y a aussi quelques vues prises au Festival d'Albacete (Gerardo REYES faisait partie du jury Image en 2010).
Le texte qui fait le lien est un peu fourre-tout : poèmes, filmographie circassienne, vocabulaire, description de numéros et chiffres "annuels" (par exemple, une fil-de-fériste fait plus de 21 kilomètres sur son fil...).
 Dommage que nous n'ayons aucune information sur les artistes.

samedi 30 avril 2011

Raphaël SCHOTT, photographe

J'aime suivre le travail des collègues photographes. Chacun a son activité pour vivre mais réalise aussi des travaux personnels. Evidemment, ce sont ceux-ci qui sont très intéressants pour voir leur évolution artistique.
Raphaël SCHOTT (1971), nous l'avons découvert en 2002 par la publication de son livre LE CIRQUE ARLETTE GRUSS et les portraits du programme du Cirque d'Hiver.
Dans ce livre, un beau travail en noir et blanc où le spectacle, les portraits et les scènes extérieures sont mêlées (années 2001-2002). Dommage que la qualité d'impression n'ait pas été à la hauteur des tirages.
"Je poursuis ce travail, espérant qu'il aura un jour suffisamment de sens pour ne pas être oublié, à l'instar de l'oeuvre réalisée sur le monde du cirque par François Tuefferd entre 1933 et 1953". Ceci nous permet de supposer que Raphaël poursuit sa moisson d'images.
Voici quelques photos publiées sur les blogs. Vous aurez reconnu Linda Biasini, Sascha Cortes, Karah Kawak, les Salto Dancers et la Troupe Didyk. Un travail réalisé au moyen-format argentique.
Raphaël SCHOTT est photo-journaliste actuellement sur la Côte d'Azur (pour le groupe Nice Matin ?)
Sur le net, on trouve mentionnées deux séries de portraits particulièrement curieuses, anachroniques et donc passionnantes.
Comme le montre ce portrait, Raphaël SCHOTT travaille toujours en argentique grand format. Il s'est équipé d' une chambre Linhof avec plans-films 4 x 5 inches. Avec de tels négatifs, c'est bien sûr dans le toucher des tirages sur papier bromure qu'on a des sensations inimaginables sur écran.
Série Ma Miss (Polaroïd ? quel format pour cette série ?)

Série Blancs-manteaux (les croisés)

dimanche 24 avril 2011

Le FUJI FINEPIX X 100

Avant d'écrire deux mots, une pensée pour les Japonais dans leurs catastrophes. Si la fabrication est délocalisée, la conception de ces petites merveilles est souvent née dans la région de Sendai. 
Les nouveaux matériels annoncés sont d'ailleurs en attente.

Les revues CHASSEUR D'IMAGES (n°333) et REPONSES PHOTO (n°230) publient les premiers tests de cet appareil qu'un certain nombre de photographes attendent.

Qui en rêve ? Essentiellement les photographes qui pratiquent le reportage en toute discrétion.

-un viseur optique
-un objectif unique, équivalent 35 mm
-silencieux
-très bonne qualité d'image
-nombreuses fonctionnalités
-prix autour de 1000 €

-une seule remarque notée : une réactivité moyenne

Ces deux revues, dont il faut lire les compte-rendus si on se croit concerné, donnent un avis très positif.

Mais en résumé, ce type d'appareil ne vous convient pas
-si vous voulez photographier les spectacles de cirque
-si vous ne pouvez vous passer d'un zoom pour cadrer sans bouger
-si vous faites surtout des portraits
-si vous voulez davantage de pixels pour des agrandissements géants

C'est élémentaire de le dire : le choix d'un appareil photographique dépend uniquement de l'usage qu'on en fait. Un IXUS, un COOLPIX ou un LUMIX de qualité (entre 300 et 500 €) sont généralement suffisants pour réaliser des portraits ou des paysages de format A3 de qualité. 

Agathe POUPENEY, photographe de spectacle

Les amateurs de cirque ont pu connaître le travail d'Agathe POUPENEY sur le cirque (contemporain) dans le Magazine du Cirque et de l'Illusion qui a malheureusement dû stopper sa parution.
La revue Chasseur d'Images n° 333 (en kiosque actuellement) nous présente son travail actuel et raconte son parcours professionnel dans un article tout à fait intéressant. Où l'on voit les contraintes de prises de vues, la nécessité de solides accréditations et le matériel utilisé... 
En décembre 2009, Agathe POUPENEY a photographié le spectacle Darshan de Bartabas pour le livre qui accompagne le spectacle. Prises de vues apparemment compliquées.

"Mon travail de prédilection, dit-elle, reste le travail sur le corps dans la danse et le cirque. J'essaie de saisir ces instants de fragilité où le sentiment affleure dans l'expression et le mouvement du corps et de transmettre l'émotion qui en ressort. Je cherche ces moments de rupture, secondes d'apesanteur où le corps se trouve entre deux états, ces instants d'abandon juste avant la chute, secondes d'éternité si vite évanouies..."
Agathe POUPENEY s'est fait maintenant une place de photographe attitrée auprès de l'Opéra de Paris. "Le photographe de danse saisit un moment impossible, un instant magique que personne ne peut véritablement voir pendant un spectacle : une parcelle du présent. La photographie de scène n'est cependant pas un témoignage neutre qui donnerait à voir au hasard quelques fragments épars du travail d'un chorégraphe. Elle est déjà, en elle-même, un point de vue sur le spectacle. [...] Par-delà la maîtrise du geste technique, le photographe de scène est aussi un artiste..."
Spectacles de musique, de théâtre, de danse et de cirque contemporain : à voir les photos, on se rend compte de la similitude des prises de vues où l'on doit gérer des lumières imposées. Seule la sensibilité de chacun fait la différence.
                          Voir le site d'Agathe POUPENEY surwww.photoscene.fr.

samedi 23 avril 2011

Gianluigi di NAPOLI, photographe

Gianluigi di NAPOLI (1962) est photographe professionnel (mode, portraits surtout - voir son site pour se rendre compte de ce travail www.gianluigidinapoli.com ). On peut ainsi apprécier ses compétences.
Il apprécie depuis toujours le cirque, dit-il. Pour preuve, deux ouvrages qu'on a publiés à partir de ses photos.
Le premier me déconcerte complètement. A la fin des années 90, il réalise un reportage très introduit chez Medrano-Casartelli. Ceci donne CIRCUS LIFE.
Publié par Stemmle (Zurich-New York) en 2001, ce travail a bénéficié de moyens importants d'impression.
Sur 120 pages 30 x 30 cm, 76 photos noir et blanc. 
Je ne suis pas un inconditionnel de la photo nette, mais lorsqu'elle est floue (vitesse lente ou mise au point), j'aime généralement comprendre les motivations de l'auteur, à défaut de sentir une émotion. Il faut bien dire qu'ici, c'est un peu n'importe quoi. Pas de fil directeur, si l'on peut dire. Un peu comme si l'appareil n'était pas maîtrisé - ce qui n'est sûrement pas le cas ! C'est sans doute le fait du directeur artistique, Michael Darling qui est un type branché magazines de mode.
J'ai peut-être feuilleté cinquante fois ce livre à la recherche de sens. Pour moi, ça ne marche pas.
Bien sûr, c'est malgré tout un beau produit sur le plan de la fabrication et, ici et là, se trouvent des photos qui, sans être extraordinaires, sont très parlantes pour les circophiles, pour peu qu'on connaisse les artistes...
Les photos qui suivent pour illustrer ne sont pas mon choix : je les ai trouvées sur un site qui fait la promotion de l'expo qui a accompagné le livre. A vous de les apprécier telles quelles.










En 2008, Gianluigi di NAPOLI a publié A POET IN ACTION, des portraits de David LARIBLE, en couleur.

Un itinéraire en images. De Ringling à Roncalli. Très franchement, un superbe travail où l'on retrouve l'artiste dans une présence que nous lui connaissons. C'est varié, multiple et net !
Texte en anglais, italien et allemand. A chaque image est associé un aphorisme de David LARIBLE. J'adore certains, comme celui-ci :"Je crois dans la chance... Plus je travaille, plus j'ai de chance...".Ou encore celui-ci :"Je ne travaille pas uniquement pour l'argent ou la renommée... mais juste pour mieux dormir la nuit".
Ce vrai plaisir photographique de 96 pages 21 x 28 cm, 60 photos, se vendait 25 €. 
Et c'est Michael Darling qui en a fait la maquette.
Gianluigi et David